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L’origine sociale influence l'accès à l'offre d'accueil de la petite enfance et les chances de formation

Selon leur origine sociale, les enfants et les jeunes ne bénéficient pas tous des mêmes possibilités d’accompagnement et de soutien. Sur la base des résultats du monitoring national de la pauvreté, la revue « Sécurité sociale » CHSS (avril 2026) aborde le sujet et souligne des leviers d'action. Du point de vue de la formation, l'accès restreint à l'offre d'accueil de la petite enfance pour les enfants issus de familles à faible revenu est notamment préoccupant. 

En Suisse, les enfants et les jeunes ne bénéficient pas tous des mêmes possibilités d’accompagnement et de soutien. Comme l'illustre le graphique ci-après, cette iniquité se reflète par exemple au niveau du taux de fréquentation aux crèches – les enfants issus de ménages à faible revenu étant moins nombreux à y accéder :

Les études montrent pourtant que ce sont précisément les enfants en situation de précarité qui tirent le plus grand bénéfice des structures d'accueil de la petite enfance, lesquels sont aussi des lieux éducatifs importants. Le fait que les les familles touchées par la pauvreté ont moins souvent recours aux offres d’éducation de la petite enfance que les familles plus aisées peut s’expliquer par une méconnaissance des prestations, des obstacles financiers ou des barrières culturelles. 

Comme le rappelle également l'auteur, le parcours de formation n'est pas uniquement déterminé par les caractéristiques individuelles d’une personne. Le contexte structurel influence aussi les chances de formation des différents groupes de population.

L'encouragement précoce occupant une place centrale pour poser les bases du parcours éducatif à venir, reconnaître l’importance de la petite enfance en tant que phase cruciale du développement permettra à tous les enfants d’augmenter les chances d’exploiter leur potentiel. A cet égard, la qualité des offres est un facteur déterminant. Et ce alors même que les structures d’accueil sont confrontées à plusieurs défis tels que l’insuffisance des ressources financières, le bas niveau des salaires et la rotation importante du personnel d’encadrement.

Le propos incrimine la Suisse, l’accueil et l’éducation de la petite enfance n'étant pas considérés comme faisant partie intégrante du système éducatif. Alors que la Confédération et les cantons sont conjointement responsables de la qualité de l’espace suisse de formation, il n’existe aucune coordination nationale des offres destinées à la petite enfance. Celles-ci varient donc considérablement d’un canton et d’une commune à l’autre, qu’il s’agisse de la disponibilité des offres, des normes de qualité ou des frais à la charge des parents.

Pour l'auteur, de conclure qu'il apparaît clairement qu’une action coordonnée tout au long de la chaîne éducative est nécessaire pour renforcer durablement l’égalité des chances.

Accéder à l'article "L’origine sociale influence les chances de formation" (Andrea von Dach, Sécurité sociale CHSS, 28.04.2026)