Dans le domaine de la petite enfance, le Jura se distingue par un mode d’organisation favorisant la reconnaissance d’une mission commune à tous les types d’offres.

Toutes les institutions communales ou associatives d’accueil de l’enfance du canton du Jura ont demandé il y a quelques années à être accueillies au sein de l’Association jurassienne des maisons pour enfants et adultes (AJMEA), organisation « patronale » comprenant également la Fondation Pérène (scolarisation des enfants en situation de handicap) et Saint-Germain (accueil résidentiel d’enfants en rupture familiale). L’appartenance à cette organisation « patronale » a permis de conclure une convention collective de travail pour l’ensemble du personnel du secteur. Au sein de l’AJMEA, la Commission Enfance (CEA) réunit tous les deux mois les directrices et les directeurs des structures d’accueil et des deux associations regroupant les prestations d’accueil familial de jour (« crèches à domicile ») de deux régions distinctes, Délémont-Franches-Montagnes et Ajoie. Ces séances de travail permettent de mener ensemble une réflexion sur les problématiques communes (sécurité, pénibilité, etc.) et de coordonner les demandes, que l’AJMEA appuie et relaie auprès des autorités cantonales de tutelle.

Un système flexible pour prendre en compte les différents besoins

Cette proximité au sein d’une même institution facilite la constitution d’un réseau entre les professionnel·le·s et encourage à considérer les deux types d’offres comme équivalents et complémentaires. La spécificité du mode de financement de l’accueil de l’enfance adopté par le Jura y contribue également : l’État l’assume à 72 %, le solde étant versé par les communes, hors participation parentale. Cela garantit des moyens répartis de façon équitable sur l’ensemble du territoire.

Les enfants inscrits sur la liste d’attente cantonale sont orientés avec soins vers le type d’accueil le plus approprié : priorité à la socialisation ou souhait de lui offrir un cadre plus doux et plus familial. Les enfants à besoins éducatifs peuvent être pris en charge par des accueillantes familiales bénéficiant d’un coaching ad hoc et du soutien d’un réseau incluant des professionnel·le·s de la santé et du handicap. L’avantage des « crèches à domicile » est de permettre des arrangements flexibles dans les cas particuliers (p. ex. enfant cardiaque ne pouvant pas risquer de tomber malade dans un accueil collectif).

Reconnaissance d’une mission commune

Il faut relever à ce titre les efforts consentis pour valoriser l’accueil familial de jour. Avec plus de 100 périodes sur 4 ans, la formation des collaboratrices est la plus exigeante de Suisse romande. Elle comprend un suivi par la coordinatrice de la formation et des séances d’intervision. Les contenus de la formation continue sont mis à jour en fonction de ces retours terrain. Le salaire des accueillantes est garanti avec la prise en charge de 4 à 5 enfants, avec l’engagement que ces personnes doivent pouvoir vivre de leur travail.

L’un des atouts du système jurassien est le travail en réseau. Sa mise en œuvre est certes facilitée par la taille du canton, propice aux contacts personnels mais la structure institutionnelle joue un rôle non négligeable en entérinant la mission commune à tous les acteurs.

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