L'Union syndicale suisse se réjouit que le Conseil des Etats veuille mettre 100 millions de francs à disposition pendant cinq ans pour l'accueil extrafamilial des enfants. Il aurait été complétement incompréhensible que la Chambre haute emboîte le pas de sa commission préparatoire et étouffe dans l'œuf une des rares mesures concrètes pour combattre la pénurie de personnel qualifié. En prenant cette décision, le Conseil des Etats a clairement indiqué qu'il prenait au sérieux la loi sur l'égalité entre femmes et hommes ainsi que l'amélioration de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Dans la suite des débats parlementaires, il faudra veiller à accorder une plus grande place dans le projet à la qualité de l'accueil extrafamilial des enfants et aux conditions de travail du personnel. Le financement de départ devrait en outre être augmenté. Les pouvoirs publics ont jusqu'à présent fait preuve de trop de retenue dans ce domaine. Pour supprimer durablement le manque d'incitation au travail, il faut une contribution de l'Etat d'au moins 1% du produit intérieur brut. La population attend davantage d'engagement à ce niveau. C'est non seulement apparu dans la votation sur l'article sur la famille, qui, malgré 54,3% de voix favorables n'a pas obtenu la majorité des cantons, mais aussi dans le résultat de la procédure de consultation sur la poursuite des aides financières : les quatre cinquièmes des organisations consultées se sont en effet prononcées en sa faveur. Il est désormais temps que la Confédération aille jusqu'au bout des choses et joue de son influence afin que l'accueil extrafamilial des enfants soit pour tout le monde abordable, qu'il corresponde aux besoins des parents et des enfants et offre des conditions de travail progressistes.

Reprise de la communication de l'USS du 28 novembre 2016.